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Comprendre la drépanocytose Dr. Pawan Kumar Singh, hématologue chez Sharda Care
Entretiens avec un médecin

Comprendre la drépanocytose Dr. Pawan Kumar Singh, hématologue chez Sharda Care

Publié le: 3 août 2026

Dans cette séance de questions-réponses, Dr. Pawan Kumar Singh, vice-président du département d'hémato-oncologie et de transplantation de moelle osseuse chez Sharda Care Healthcity, à Greater Noida, répond aux questions les plus fréquemment posées par les patients et leurs familles au sujet de la drépanocytose, de la génétique et du diagnostic précoce à la gestion de la douleur, la thérapie génique et les options de traitement curatif.

Regardez la conversation complète :

Q : Comment expliqueriez-vous à une personne récemment diagnostiquée avec une drépanocytose et sans aucune connaissance médicale de quoi il s'agit réellement ?

Normalement, les globules rouges ont une forme de disque. Dans la drépanocytose, une hémoglobine anormale, due à une mutation génétique, leur confère une forme de faucille. Ces cellules falciformes obstruent les petits vaisseaux sanguins, ce qui explique la grande variété de symptômes observés chez les patients.

En raison de cette obstruction des vaisseaux, les patients peuvent souffrir de crises vaso-occlusives, de syndrome thoracique aigu, d'accident vasculaire cérébral et de thrombose des gros vaisseaux. Presque tous les organes du corps, de la tête aux pieds, peuvent être touchés par la drépanocytose.

Q : Quelle est la prévalence de la drépanocytose dans le monde, et quelles sont les populations et les régions les plus touchées ?

La drépanocytose est plus fréquente dans les régions où le paludisme est endémique, car le fait d'être porteur du trait drépanocytaire confère un avantage de survie face à cette maladie. C'est pourquoi elle est plus répandue dans certaines zones que dans d'autres.

C’est au Nigéria que l’incidence est la plus élevée, suivi par la République démocratique du Congo et d’autres régions d’Afrique centrale et orientale. En Inde, la maladie est plus fréquente dans les zones tropicales comme l’Odisha. L’augmentation du nombre de cas est principalement due à la croissance démographique plutôt qu’à une augmentation de la prévalence de la maladie elle-même.

Q : Que se passe-t-il réellement à l'intérieur du corps au niveau cellulaire ?

Les globules rouges, normalement en forme de disque, prennent une forme de faucille suite à une mutation génétique. Cette forme anormale obstrue les vaisseaux sanguins, ce qui peut entraîner des crises vaso-occlusives, des crises de séquestration, des accidents vasculaires cérébraux et des obstructions des principaux vaisseaux sanguins.

Les facteurs environnementaux jouent également un rôle. Les patients africains atteints de drépanocytose présentent généralement plus de symptômes et nécessitent plus souvent une greffe de moelle osseuse pour guérir, tandis que les patients indiens sont généralement moins symptomatiques et moins susceptibles d'avoir besoin de traitements aussi lourds. C'est pourquoi il est toujours recommandé de maintenir une bonne hydratation et d'éviter les températures extrêmes, car l'exposition au froid comme à la chaleur peut déclencher une crise drépanocytaire. Les infections et l'hypoxie constituent d'autres facteurs de risque importants.

Q : Quelle est la différence entre être porteur sain de la drépanocytose (trait) et être atteint de drépanocytose ?

L'hémoglobine est une protéine et, comme toute protéine, elle est synthétisée par des gènes, en l'occurrence deux gènes. Si un seul gène est affecté, on parle de trait drépanocytaire ou de porteur sain. Si les deux gènes sont affectés, cela entraîne la drépanocytose, également appelée anémie falciforme.

L'hémoglobine normale est désignée par HbA et l'hémoglobine S par HbS. Dans les comptes rendus de laboratoire, on trouve souvent les abréviations « AS » ou « SS ». AS signifie porteur sain (hétérozygote), c'est-à-dire qu'un gène est normal et l'autre muté. SS signifie que les deux gènes sont muté (homozygote), ce qui correspond à la maladie complète.

Q : Comment fonctionne l'hérédité, et quelles sont les chances qu'un enfant hérite de la maladie si l'un ou les deux parents sont porteurs du gène ?

Un enfant hérite d'un gène de l'hémoglobine de chaque parent. Si un seul parent est porteur, l'enfant peut tout au plus l'être également, sans risque de développer la maladie. Le problème survient lorsque les deux parents sont porteurs. Dans ce cas, il existe une probabilité de 25 % à chaque grossesse que l'enfant hérite de la maladie.

Toute personne ayant des antécédents familiaux, en particulier les couples vivant dans des régions où la drépanocytose est endémique, devrait connaître son statut de porteuse avant ou au début d'une grossesse, car ce risque concerne toutes les grossesses, et non une seule.

Q : Quels sont les premiers signes et symptômes que les parents doivent surveiller, et à quel âge la maladie commence-t-elle généralement à se manifester ?

Les symptômes apparaissent généralement vers l'âge de 5 à 6 mois. Avant cet âge, l'hémoglobine du nourrisson est principalement composée d'hémoglobine fœtale, qui n'est pas affectée par la maladie. Vers 5 à 6 mois, cette hémoglobine fœtale se transforme en hémoglobine adulte, ce qui, chez les enfants atteints, se traduit par la formation d'hémoglobine S.

Une fois ce changement survenu, des symptômes tels que des pleurs excessifs, un retard de croissance, des difficultés d'alimentation et une pâleur peuvent apparaître. À ce stade, une évaluation et un diagnostic par un hématologue sont nécessaires. Tous les enfants diagnostiqués ne nécessiteront pas une greffe de moelle osseuse. Un suivi est généralement mis en place pendant un à deux ans afin d'évaluer l'intensité des symptômes avant d'envisager un traitement plus poussé.

Q : Qu’est-ce qui déclenche une crise vaso-occlusive (crise douloureuse), et que doivent faire un patient ou sa famille lorsqu’une telle crise survient ?

Les facteurs déclenchants courants incluent les infections, l'hypoxie, le stress physique, la déshydratation et les épisodes de diarrhée. Une crise douloureuse se manifeste par une douleur corporelle intense et généralisée, souvent si forte qu'elle nécessite des analgésiques opioïdes. Une bonne hydratation et la prise en charge rapide de tout facteur déclenchant sous-jacent, comme la fièvre ou une infection, sont essentielles et doivent être assurées en milieu hospitalier si nécessaire.

Lire la suite : Coût du traitement de la drépanocytose en Inde

Q : Comment diagnostique-t-on la drépanocytose et pourquoi un diagnostic précoce est-il important ?

Un test simple, la chromatographie liquide à haute performance (CLHP), permet de confirmer le diagnostic à partir des symptômes. Une fois le diagnostic posé, la prise en charge vise à prévenir les crises drépanocytaires. L'hydroxyurée est un médicament essentiel pour prévenir ces crises douloureuses, en complément d'une bonne hydratation et d'un état de santé général optimal.

Q : Qu’est-ce que le syndrome thoracique aigu et comment est-il traité ?

Le syndrome thoracique aigu survient lorsque les vaisseaux sanguins des poumons se bouchent sous l'effet de globules rouges anormaux en forme de faucille. Il se manifeste par une dyspnée sévère, une désaturation en oxygène et des infiltrats pulmonaires visibles à la radiographie. Il s'agit d'une affection grave nécessitant une hospitalisation, souvent en soins intensifs, avec une surveillance étroite.

Le traitement comprend généralement de l'hydroxyurée, des stéroïdes comme la dexaméthasone et des antibiotiques par voie intraveineuse pour prévenir les infections secondaires.

Q : Quand les transfusions sanguines sont-elles recommandées et quels sont les risques liés à une utilisation prolongée ?

Les transfusions sanguines sont utilisées pour prévenir les crises, soutenir les patients subissant une intervention chirurgicale ou gérer directement les complications. La transfusion agit en diluant le pourcentage d'hémoglobine S dans le sang. Les patients symptomatiques présentent souvent un taux d'HbS supérieur à 60 %, et l'introduction de sang normal réduit ce pourcentage, ce qui soulage généralement les symptômes.

Les transfusions sont indiquées lorsque le taux d'hémoglobine chute de manière significative, avant une intervention chirurgicale programmée ou lors d'une crise douloureuse ou de séquestration.

Q : Comment abordez-vous la gestion de la douleur, tant en situation de crise que pour la douleur chronique à domicile ?

L'hydroxyurée joue un rôle essentiel dans la prévention des crises douloureuses. En cas de douleur, le traitement débute généralement par des anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS). Si cela s'avère insuffisant, on recourt à des analgésiques opioïdes par voie orale à domicile. Si la douleur persiste, une hospitalisation pour l'administration d'analgésiques opioïdes par voie intraveineuse ou sous-cutanée peut être nécessaire. Une bonne hydratation et un taux d'hémoglobine supérieur à 10 g/dL sont également des éléments importants de la prise en charge de la douleur.

Q : La thérapie génique pour la drépanocytose suscite beaucoup d'enthousiasme. En quoi consiste-t-elle ?

La thérapie génique a été approuvée relativement récemment, entre 2023 et 2024, et est actuellement destinée aux patients de plus de 18 ans présentant des symptômes importants. Il existe deux approches : l’une corrige directement le gène défectueux de l’hémoglobine, et l’autre induit la production d’hémoglobine fœtale (HbF).

Le procédé consiste à prélever les cellules souches du patient, à effectuer les modifications génétiques nécessaires, à lui administrer une chimiothérapie pour éliminer la moelle osseuse restante, puis à réinjecter les cellules souches modifiées. Bien que les premiers résultats soient encourageants, le traitement demeure très coûteux et n'est actuellement pas disponible en Inde ; il est principalement accessible aux États-Unis et en Europe.

Lire la suite : Questions les plus fréquemment posées sur la drépanocytose

Q : Quelle sera selon vous l'évolution du traitement de la drépanocytose au cours des 5 à 10 prochaines années ?

La prévention demeure la priorité absolue, notamment par le dépistage des jeunes couples porteurs et la proposition d'un diagnostic prénatal à chaque grossesse. La prévention des crises drépanocytaires par l'hydroxyurée et une bonne hydratation reste également essentielle.

Il existe également de nouvelles thérapies modifiant l'évolution de la maladie, notamment des médicaments injectables comme le crizanlizumab et le voxelotor, qui ont montré de bons résultats dans la réduction des crises drépanocytaires. Par ailleurs, la greffe de moelle osseuse et la thérapie génique demeurent les deux seules options permettant une guérison définitive, guérissant ainsi complètement l'enfant sans séquelles à long terme.

Q : Quels changements de mode de vie et quelles précautions peuvent contribuer à réduire la fréquence et la gravité des crises ?

L'hypoxie, le stress, la déshydratation et les maladies fébriles ou les infections sont les principaux facteurs déclenchants à surveiller. Les éviter autant que possible réduit directement le nombre de crises drépanocytaires. La prise quotidienne d'hydroxyurée conformément à la prescription est tout aussi importante, car certaines crises peuvent également survenir spontanément.

Q : Les jeunes patients atteints de drépanocytose peuvent-ils mener une vie relativement normale, incluant une activité physique et les voyages ?

Une vie parfaitement « normale » n'est pas garantie, mais avec les précautions appropriées, notamment la prise quotidienne d'hydroxyurée, la disponibilité d'analgésiques et la gestion des facteurs déclenchants connus, les patients peuvent véritablement s'épanouir. Cela dit, des crises drépanocytaires spontanées peuvent survenir malgré une bonne prise en charge ; une vigilance constante demeure donc essentielle.

Q : Que doit savoir une femme atteinte d'anémie falciforme concernant les risques liés à la grossesse, et un conseil génétique est-il nécessaire ?

Si les deux partenaires sont porteurs du gène, le risque de drépanocytose est de 25 % à chaque grossesse. Un diagnostic prénatal peut être réalisé vers la 10e semaine de grossesse, permettant aux couples de savoir si le fœtus est atteint et de prendre des décisions éclairées quant à la suite des événements. Un conseil génétique est fortement recommandé pour tout couple dont les deux partenaires sont porteurs du gène.

Q : Pour les patients vivant dans des pays où les traitements contre la drépanocytose sont limités ou coûteux, se rendre en Inde pour se faire soigner est-il une option réaliste ?

Oui. L'Inde accueille un nombre important de patients venus se faire soigner pour la drépanocytose, principalement pour des greffes de moelle osseuse, ainsi que pour la prise en charge de complications telles que l'ostéonécrose de la hanche , qui nécessite parfois une arthroplastie . Les centres indiens, notamment pour les greffes de moelle osseuse, y compris les greffes haplo-identiques pour la drépanocytose, affichent de bons résultats et une solide expérience clinique. Cela en fait une option réaliste et de plus en plus prisée par les patients envisageant un traitement à l'étranger.

Q : Comment les patients ou leurs familles peuvent-ils contacter votre équipe pour une consultation ou un deuxième avis ?

Sharda Care Healthcity dispose d'un service dédié aux patients internationaux qui les accompagne dans leurs démarches de voyage, d'hébergement et de coordination des soins. Les patients peuvent contacter HOSPIDIO en lui communiquant leurs informations médicales et leurs questions ; l'équipe hospitalière ou l'équipe internationale leur répondra et les guidera tout au long de leur parcours de soins et de voyage.

À propos Dr. Pawan Kumar Singh

Dr. Pawan Kumar Singh Il est vice-président du service d'hémato-oncologie et de greffe de moelle osseuse du centre Sharda Care Healthcity, à Greater Noida. Fort de plus de 15 ans d'expérience, il traite les maladies hématologiques complexes, notamment la leucémie, le lymphome, le myélome multiple, l'aplasie médullaire, la thalassémie et la drépanocytose. Il a réalisé plus de 1 000 greffes de moelle osseuse, y compris des greffes à partir de donneurs apparentés compatibles, de donneurs non apparentés compatibles et des greffes haplo-identiques.

Pour en savoir plus sur sa pratique et prendre rendez-vous pour une consultation , cliquez ici.

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Dr. Basim Parvez est physiothérapeute agréé et consultant principal auprès des patients chez HOSPIDIO. Titulaire d'un MBA en gestion de la santé, il possède une vaste expérience clinique et une approche empreinte de compassion, et accompagne les patients tout au long de leurs traitements médicaux. Dr. Basim met également à profit son talent d'écriture pour simplifier des informations complexes en matière de santé, permettant ainsi aux patients de prendre des décisions éclairées et favorisant la clarté et la confiance dans leur parcours médical.

Guneet Bhatia
Critique

Guneet Bhatia est la fondatrice d'HOSPIDIO et une réviseuse de contenu accomplie, forte d'une vaste expérience en développement de contenu médical, en conception pédagogique et en blogging. Passionnée par la création de contenu percutant, elle excelle à garantir l'exactitude et la clarté de chaque article. Guneet aime engager des conversations enrichissantes avec des personnes d'origines ethniques et culturelles diverses, enrichissant ainsi son point de vue. Lorsqu'elle ne travaille pas, elle savoure des moments privilégiés en famille, apprécie la bonne musique et adore échanger des idées innovantes avec son équipe.

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